L'Abécédaire de Seb

14 novembre 2014

Laos : Luang Prabang

Nous avons un peu de retard dans nos publications ici mais c'est pour la bonne cause ! 
Nous sommes partis de Vientiane, la capitale du Laos lundi dernier et après une demi-heure de vol, nous avons atterri à Luang Prabang, dans le nord du pays. La ville est située sur le Mékong, entourée de montagnes, et a gardé un aspect vraiment typique. Elle est d'ailleurs classée au patrimoine mondial de l'Unesco. L'architecture de la ville reflète vraiment l'époque du protectorat français : ici les maisons sont coloniales, les petites ruelles qui rejoignent le fleuve sont parsemées de fleurs.
Luang Prabang est aussi l'une des plus jolies villes d'Asie et des plus préservées. Avec ses dizaines de temples, elle est l'un des très hauts symboles du bouddhisme sur le continent asiatique. Les moines vêtus de la robe safran se comptent par centaines. Chaque matin,de bonne heure, ils marchent à travers les rues pour récolter l'aumône des habitants et leur repas de la journée, étant donné qu'ils ont fait voeu de pauvreté. Nous n'avons pas encore assisté à ce défilé mais nous le ferons car c'est apparemment très émouvant.






Le premier jour, nous nous baladons tranquillement dans la ville. Les rues sont vraiment agréables, jalonnées de restaurants et de petites boutiques de souvenirs. En levant la tête, nous apercevons un temple en haut d'une colline et décidons de nous y rendre pour admirer le coucher de soleil.
Après avoir gravi les 300 et quelques marches, nous arrivons au sommet du mont Phousi. Il fait une chaleur à crever, pas un brin d'air et le taux d'humidité avoisine les 70 % : Seb est à peine essoufflé mais pour ma part, je suis rouge comme une tomate et transpire comme si je venais de sortir de la douche ! Mais l'effort en valait la peine : nous avons une vue à couper le souffle sur la ville et ses montagnes environnantes. Nous essayons de nous trouver une place au calme pour attendre la tombée de la nuit mais vous vous doutez bien que nous n'étions pas les seuls à avoir eu cette idée... Une horde de japonais (touristes les plus irrespectueux je pense) se poste devant nous, sans aucun scrupule ou souci de gêne. Bref, nous avons quand même pu en profiter.






La nuit tombée, la ville se transforme. La rue principale accueille le marché de nuit et ses stands de nourriture, jus de fruits frais et souvenirs artisanaux pour les touristes. Bijoux, sacs, figurines de bouddhas et ombrelles font le bonheur des badauds. Et bien sûr, la négociation est obligatoire !




Le lendemain, nous avons continué à profiter de la quiétude de la ville après avoir dégusté un bon petit déjeuner français : croissants, pain frais et confiture maison. Un délice pour nos petites papilles d'expatriés ! 
En visitant un temple, un jeune moine novice nous accoste et nous discutons avec lui pendant un bon moment. Il nous explique qu'il vient souvent ici pour pratiquer et améliorer son anglais au contact des touristes. Joli moment...


Puis après le marché de nuit, c'est le Morning Market qui prend possession des rues. Marché typique de nourriture laotienne, il est plus destiné aux locaux qu'aux touristes. En effet, à même le sol, sur des paillasses, se mélangent poissons, serpents d'eau, offrandes de fleurs pour les temples, rats séchés et python coupés en morceaux ! J'ai quand même acheté du thé laotien, le Mak Toum, un pur délice pour 2 euros le gros sachet !






Enfin, le lendemain, sur les conseils de mon papa, nous nous rendons aux cascades de Kuang Si. Situées à une trentaine de kilomètres de Luang Prabang, les chutes sont accessibles par touk-touk. La route qui y mène est magnifique : la nature y est luxuriante et les rizières omniprésentes. Avant de découvrir les cascades, nous croisons des ours noirs à collerette qui sont gardés dans le parc. 
Puis, les différents bassins d'eau turquoise s'offrent à nous. La grande cascade est vraiment impressionnante et magique !






A suivre sur le blog : notre parcours à vélo de la ville et sa campagne environnante et notre journée avec les éléphants pour mon anniversaire !

On vous embrasse tous bien fort,

Flo et Seb

7 novembre 2014

Laos : Vientiane

Nouvel article, nouveau pays, nouvelle ville ! Nous avons quitté Phnom Penh et le Cambodge lundi dernier, et après un vol de 1h30, avons atterri à Vientiane, capitale du Laos.

Etant donné que le pays est limitrophe avec le Cambodge, nous avions un peu peur d'être de nouveau confrontés à ce qui nous avait déplu dans ce pays : la pauvreté, la mendicité, la saleté et le sport national, truander le touriste !!
Et bien grosse surprise : pas du tout ! Lorsque nous sommes sortis de notre hôtel le lendemain de notre arrivée, nous avons tout de suite ressenti une grosse différence. Tout d'abord, il est possible de marcher sur les trottoirs : pas d'immondices, pas trop de scooters garés dans tous les sens et surtout les rues sont propres. Ensuite, nous qui avions pris l'habitude de nous faire alpaguer tous les 50 mètres pour un touk touk ou pour nous vendre tout et n'importe quoi, ici nous avons eu l'agréable surprise de pouvoir nous promener tranquillement. Les gens ne nous calculent absolument pas, il n'y a quasiment pas d'enfants qui traînent dans les rues et surtout il n'y a aucune mendicité.
Autant vous dire que nous avons pris un grand plaisir à partir à la découverte de la ville à pied !

Le premier jour nous nous sommes baladés et avons visité deux Vats/temples.
Tout d'abord, le Vat Sisakhet qui est le plus vieux temple de Vientiane. Notons que le ticket d'entrée est dix fois moins cher que pour un temple cambodgien... Le sanctuaire est entouré d'un cloître abritant 9168 statuettes et 120 statues de Bouddha. Il y règne une atmosphère paisible et reposante. Nous avons ainsi déambulé dans l'enceinte du temple au milieu de nombreux moines, avons pu assister à une de leurs prières et nous sommes faits prendre en photo par un des leurs, jeune novice !






Puis de l'autre côté de la rue, se trouve le Vat Phra Kèo. C'est un ancien temple royal transformé en musée d'art religieux. Il est entouré d'une galerie décorée de statues de Bouddha en bronze dans diverses positions de méditation.





Le lendemain, après nous être occupé des formalités pour notre visa thaïlandais, nous avons continué à découvrir Vientiane et ses pagodes toutes plus belles les unes que les autres.





Nous avons fini la journée en haut de l'Arc de triomphe local, le Patuxai, qui offre une vue imprenable sur toute la ville. Bâti entre 1957 et 1969, il est dédié aux personnes ayant combattu contre la France pour l'indépendance du pays.



Le soir, nous nous sommes faits plaisir en allant dîner dans un restaurant français. Au menu, différentes tapas : foie gras, camembert, pâté, le tout accompagné d'un excellent pain et de bon vin. Après 10 mois de frustration et de malbouffe, notre palais était ravi !! 

Demain, nous partons en excursion dans la campagne entourant Vientiane. Au programme : visite de villages, marchés locaux et balade en bateau sur le Mékong.
Nous avons pris nos billets d'avion pour Luang Prabang, au nord du pays, et décollons lundi matin. Trois quarts d'heure de vol contre 10h de bus sur des routes de montagne plus que chaotiques, notre choix a été vite fait !!
Nous organisons petit à petit notre fin de voyage jusqu'à Bangkok d'où nous décollons pour la France dans 35 petits jours. 

On vous embrasse tous bien fort

Flo et Seb

30 octobre 2014

Cambodge : Phnom Penh... avec ses hauts et ses bas !

Quinze jours après notre arrivée au Cambodge, nous sommes à même de dresser un premier petit bilan. 
Lorsque l'on débarque dans un pays étranger, on est plein d'à priori et de préjugés, conditionnés par ce que l'on a pu lire, voir ou entendre. L'Asie reste un continent source d'émerveillement et de fascination.

Monument de l'Indépendance, Phnom Penh


La fascination était bien là, pour notre part, à notre arrivée. Les temples d'Angkor sont une merveille, nous en avons vraiment profité à fond et nous sommes immergés dans leur découverte.
Nous sommes toujours extrêmement bien accueillis dans les hôtels et les restaurants que nous fréquentons.
Puis, les jours passant, nous avons été confrontés à la misère régnant ici, la mendicité permanente, la saleté des rues.
Il faut préciser aussi que nous voyageons seuls et par nos propres moyens, sans guide, sans tour operator, Nous voyons donc en direct la vie quotidienne ici. Pas de filtres, pas d'intermédiaire. Nous prenons en pleine face la très grande pauvreté ambiante.

Et ce qu'il ne faut surtout pas oublier : nous sommes blancs, européens, occidentaux. Ici, cela revient à dire que nous sommes riches (aux yeux des cambodgiens), que nous sommes venus dépenser tout notre argent chez eux et que donc, nous devons donner et dépenser sans compter.
Par exemple, lorsque nous avons fait le petit pélerinage dans la campagne de Battambang, on nous a fait l'aumône, sans mentir, tous les 50 mètres. Il faut donner pour les moines, pour les enfants, pour aider à construire des maisons. Et les habitants ne comprennent pas que l'on donne à l'un et pas à l'autre. Et en effet, pourquoi donner un billet à cet enfant et pas à un autre 100 mètres plus loin ?

En ville, nous sommes confrontés à d'autres problèmes. Les rues sont tellement sales et pleines d'immondices qu'il n'est vraiment pas agréable de se promener et de flâner. Pour nous déplacer, nous utilisons donc les tuk-tuk. Et là aussi, certains nous prennent vraiment pour des pigeons ! Pour une course de 2 kilomètres, il est quand même arrivé que le chauffeur nous demande 8 dollars. Sans doute devait-il se dire qu'il pouvait essayer de nous arnaquer... Suite à la négociation, nous sommes passés de 8 à 2 dollars. Et le pire, c'est que la plupart du temps, nous devons les guider dans leur propre ville ! Mis à part les grosses attractions touristiques, ils sont souvent incapables de vous emmener d'un point A à un point B. Ou alors ils vous laissent un kilomètre avant votre point de chute, étant donné que nous ne connaissons pas la ville,le temps que nous nous apercevions de l'erreur, le chauffeur est déjà loin. 

Je crois que le top du top, c'était quand même l'aventure pour obtenir notre visa laotien. Nous nous rendons à l'ambassade du Laos à Phnom Penh mardi matin. Là, nous sommes "accueillis" par 4 bonhommes, tous les yeux rivés sur leur téléphone. Pas de sourire, pas de bonjour, rien. Nous remplissons notre demande, laissons notre passeport et rendez-vous nous est donné deux jours plus tard à 10h du matin pour venir le récupérer. Ainsi, jeudi matin, nous débarquons à l'ambassade. Après 15 bonnes minutes d'attente car personne dans les bureaux, un agent arrive et nous informe que nos visas ne sont pas prêts... Alors pourquoi nous fixer un rendez-vous le matin ? Et si notre vol avait été dans l'après-midi même ? Pas de passeport, pas de visas. On s'énerve un peu, on nous demande de revenir à 15h. On y retourne donc quelques heures plus tard et après 30 bonnes minutes d'attente sans personne dans les bureaux, on nous délivre enfin le précieux sésame.

Nous avons quand même visité les sites les plus emblématiques de Phnom Penh, dont le musée du génocide khmer. Là aussi, l'entrée est de 5 dollars pour les étrangers car les cambodgiens eux ne paient pas (cherchez l'erreur). Lorsque nous demandons un guide, on nous spécifie que c'est seulement pendant les vacances scolaires. Nous nous débrouillons donc tout seuls.
 Le site est un ancien lycée que les Khmers rouges avaient réquisitionné comme centre de détention et de torture pour les opposants au régime. Tout a été laissé en l'état et le parcours est jalonné de photos des détenus, hommes femmes et enfants. L'atmosphère est assez pesante mais sans guide ni explication, la visite est un peu succincte. Il y a bien quelques panneaux explicatifs ça et là, mais quasiment illisibles car déteints par le soleil et jamais remplacés depuis 30 ans. Sachant qu'il y a environ 500 visiteurs par jour, fois 5 dollars, il ne serait pas difficile de procéder à quelques améliorations. La salle vidéo n'est quant à elle accessible que deux heures dans l'après-midi et nous avons fait la visite le matin.... 










Bref, nous avons un ressenti vraiment tranché. D'un côté, nous sommes vraiment très heureux de découvrir cette culture, ces paysages et de rencontrer des gens souriants et des enfants qui nous saluent joyeusement. De l'autre, nous avons l'impression quelque fois d'être pris pour des gros pigeons et des pompes à fric. Un sentiment d'oppression nous envahit quand même : difficile de sortir dans la rue sans se faire alpaguer tous les 10 mètres, de prendre des photos tranquilles sans qu'on nous fasse l'aumône. Lorsque nous rentrons le soir à l'hôtel, c'est une sorte de soulagement.

Nous quittons le Cambodge lundi prochain pour le Laos en espérant trouver un peu plus de tranquillité.

25 octobre 2014

Cambodge: Siem Reap & Battambang

Voilà déjà une semaine que nous n'avions rien écrit. Rassurez-vous, c'est que nous avions des choses à vivre! Après les trois premiers jours passés à visiter les temples d'Angkor, le reste de la semaine ne fut que relaxation, histoire et ... tatoos.

En effet, lorsque vous achetez un pass pour Angkor, vous en visitez environ 5 à 6 par jour, il faut donc penser à se reposer afin de pouvoir profiter au maximum de la beauté des lieux, surtout par une chaleur avoisinant les 35°C.


D'autres temples se sont donc enchaînés, étonnamment tous différents bien que très similaires par beaucoup d'aspects. Notre préférence va pour le temple de Ta Prohm (Tomb Raider) du fait de ses arbres qui épousent parfaitement les murs de pierres du temple en ruine, laissé volontairement en l'état par les conservateurs.

Le dernier jour à Siem Reap fut chargé en émotion et en souvenirs, de ceux qui vous marquent au fer rouge, enfin, pas tout à fait...
Flo avait cette idée en tête depuis longtemps et quand elle a su qu'un français à Siem Reap faisait des tatouages comme elle recherchait et de plus aux normes d'hygiènes occidentales, elle ne put s’empêcher de prendre rendez-vous... Le résultat:


L'après-midi, pansement aux bras pour Flo, nous voulions retourner voir le célèbre temple d'Angkor Wat, plus grand édifice religieux au monde mais cette fois avec les explications d'un guide. Avec son anglais bon mais d'un accent incertain, nous voilà partis pour 2 heures de visite à travers le temple. Si vous prévoyez un jour de vous y rendre, louez les services d'un guide, vous verrez les choses sous un autre angle et ça rendra la visite bien plus passionnante. 

Le lendemain matin, départ de l’hôtel pour prendre le bus qui nous mènera à Battambang. Première crainte, le car sera-t-il climatisé? Ouf, oui !! Seulement 77km séparent les deux villes mais il n'existe aucune route directe. C'est donc un trajet de 150km que nous avons parcouru avec les routes à nids de poules cambodgiennes en prime.


Arrivés à destination, une horde de tuk-tuk s’abat sur nous en nous suppliant de les faire travailler, nous ne pouvions faire un pas. Nous acceptons de monter dans le véhicule de Tra-Tra, jeune cambodgien parlant très bien le français et l'anglais. Il nous demande de faire appel à lui pour notre excursion du lendemain, nous acceptons.

Il nous fait faire un circuit en dehors de la ville, dans les campagnes en passant par les sentiers de terres, nous arrivons alors dans un village de pêcheurs musulmans. Nous ne pouvions être plus perdus que là où nous étions. La misère la plus totale et rien que nos yeux de riches honteux pour regarder. Tra-Tra s'arrête quelques minutes et un jeune garçon en profite pour s'approcher, il est médusé par Flo et par la couleur de sa peau qu'il touche comme pour vérifier. Echanges de regards, de sourires : sans parler la même langue, quelque chose d'intense en émotion se passe.



Nous continuons et passons par le "Fruit Bat" un arbre où viennent se reposer des milliers de chauves-souris énormes. Nous arrivons enfin au Temple Banan. Il faut monter un escalier constitué de centaines de marches très hautes mais l'effort en vaut la peine. Un calme et un sérénité s'en dégagent. Très loin de l'effervescence d'Angkor.







Nous redescendons et empruntons la route à nouveau pour le Temple de Phnom Sampeou. Niché tout en haut d'une montagne, nous nous engageons à pied et passons d'abord par un petit monastère tout proche de la "Killing Cave". C'est une grotte dans laquelle nous sommes descendus en prenant un escalier vers un Bouddha allongé. A côté de lui, un autel renfermant des ossements humains. A la fin des années 1970, les Khmers rouges avaient pour habitude de venir matraquer et jeter du haut de la cavité des familles entières d'où son nom de la "Grotte du meurtre". Vous comprendrez que nous n'avons pas pris de photos de cette partie là de la visite.




                    



Un peu plus haut, nous arrivons au Temple. La vue y est magnifique . Des macaques sont les maîtres des lieux et là encore un calme immense se fait ressentir. Après plus de deux heures de marche nous redescendons vers le village pour rejoindre Tra-Tra qui nous y attendait. 









Petite prière et bénédiction avec une vieille dame bouddhiste à la fin du pélerinage...


             

Vous l'aurez compris, nos journées sont chargées en visites et intenses en émotions. 
L'Asie nous transporte !

Prochaine étape : Phnom Penh !

On vous embrasse fort

Seb et Flo